Vendredi 24 juillet 2009 5 24 /07 /Juil /2009 12:53

Chers Amis,

 

Je voudrais répondre à la question (passée sous silence) qu’avait posée notre sœur (par alliance), Madame Françoise Mouloungui, à un compatriote du PDG l’autre jour, à savoir : « le PDG a plusieurs candidats issus de ses rangs, lequel servez-vous ? »

 

Je suppose que l’embarra de la question, ainsi que les références troubles auxquelles renvoie sa seule et unique réponse, ont dû pousser notre frère à la seule attitude, courageuse, qu’un « soldat » de sa majesté se doit d’observer en pareille circonstance ; autrement dit, attacher ses deux jambes à son cou, et partir en trombe se cacher au Palais du Bord de Mer, derrière le nouveau grand camarade, dont le célèbre gabarit se passe désormais de commentaires…

Car, à l’évidence, la question de Madame Mouloungui n’était pas seulement univoque. Elle se voulait aussi simple que sarcastique. Car de par la seule réponse à laquelle elle le confinait, elle condamnait son destinataire à devoir hériter, moralement et psychologiquement, de tout le « sulfure » qui émane et qui entoure le personnage principal qui fait l’objet de sa réponse. Un embarra auquel notre nouveau Représentant PDG-Paris n’a pas daigné faire face, ayant senti l’odeur du soufre de loin.

Véritablement, cette Madame Mouloungui me plaît. Hé, entendons-nous bien. Je veux parler ici du strict sens platonique et philosophique du terme. Épargnez ma pauvre peau du costume que vous voulez lui tailler… Je suis un bon musulman. Et j’entends le rester.

 

Pour revenir à notre question donc ; que je me permets de répondre ici à la place du camarade du parti-état.

Il me semble évident chère Madame, qu’à l’heure actuelle, le seul et unique candidat , parmi les 23 jusqu’ici retenus, qui peut prétendre répondre au seul nom du PDG, n’est autre qu’Ali Bongo Ondimba. Tous les autres candidats auxquels vous faites allusion ne peuvent (et ne doivent) naturellement n’être que des indépendants. C’est donc dire que monsieur Cyrille Ona, Représentant du PDG à Paris, ne sert personne d’autre que l’unique et officiel candidat de son parti, à savoir : Ali Ben Bongo (ABB, ou si vous préférez, ABB II, de la « noble » lignée des Bongo).

 

Et c’est justement là que je vais axer mon propos d’aujourd’hui, quitte à soulever (et c’est là tout l’intérêt) quelques remous auprès de nos amis « politiquement correct », dont le frère Christian Mayandji s’est fait (non sans vouloir lui méconnaître un certain sens de la noblesse) le porte flambeau.

 

Voici donc ma question :

 

Comment un jeune cadre gabonais peut-il encore servir le PDG (et son candidat) aujourd’hui, après 40 ans de pillage, de crimes et de gestion bannière du pays, sans être :

1.    soupçonné d’opportuniste et de « strapontionnaire » à front de taureau (être cadeauté à la hauteur de ses états-service dans un territoire donné et en « période cruciale ») ?

2.    taxé d’ennemi véritable du développement du Gabon (le PDG n’aspirant – et tout le monde le sait – qu’à pérenniser le même système - hommes, femmes, réseaux, corruption, françafrique, etc. - laissé par son créateur ?

 

Vous remarquerez que j’ai volontairement balisé ma question en la circonscrivant uniquement à une seule catégorie de citoyens, « jeunes cadres ». Je n’ai pas voulu cibler dans cette question des « proies » faciles tels les jeunes désœuvrés qu’on est allé chercher dans les quartiers malfamés (malfamés par le système Bongo-PDG) pour venir lire le prompteur à la gloire du camarade Ali à la télé l’autre jour.

Ma question n’interroge pas non plus toutes ces vieilles racailles de la République, professeurs, docteurs, ingénieurs et j’en passe, qui, après avoir raté leur vie, n’ont d’autres voies de garage que d’aller se mettre, servilement, au service du système et du bongoïsme. L’une ou l’autre de ces catégories ne nous intéresse pas, car, comme nous le disions, elles demeurent, de par la vulnérabilité qu’occasionne leur situation sociale précaire, des proies faciles dont le système peut disposer à sa guise pour accomplir ses basses besognes. Le « je peux faire d’un chien un homme et d’un homme un chien » du grand camarade (himself), a d’ailleurs été, depuis 1967, la formule qui leur a toujours été consacrée.

 

Si vous voyez par exemple tous ces pdgistes qui sont restés ministres du gouvernement aujourd’hui (Ndemezo’o Obiang, Nelson Messone,… ) le doivent simplement à leur fidélité au nouveau grand camarade Ali. Voyez le sort qui a été réservé à tous les autres ministres « dissidents » de la grande famille de la « Majorité Présidentielle », présidentiables comme non-présidentiables. Ils ont un à un été débarqués de l’appareil gouvernemental sans aucune autre forme de procès. Leur seul péché, c’est d’avoir osé commettre un « crime » de lèse-majesté à l’endroit de son excellence, le nouveau grand camarade Ali. Les premiers (Mba Abessolo, Eyeghe Ndong), pour avoir osé se présenter contre lui. Les seconds (Kombila et Essone Mengue), les pauvres, pour avoir osé soutenir, ouvertement, un candidat « ennemi » ; en l’occurrence, Pierre Mamboundou pour le premier, Casimir Oyé Mba pour le second. Pour Mamboundou, l’on pourrait d’ailleurs dire que c’est une « tradition », vu que ce n’est pas la première fois qu’un « martyr » est sacrifié à l’autel de son ascension politique personnelle. Ne fut-ce que pour la « Mémoire » de CES valeureux Soldats (dont nous nous garderons ici, par décence, d’étaler la liste des noms), tombés un à un sur le champ de bataille (un champ rarement frappé du haut de sa présence) , le géant de Ndendé se doit sérieusement de mouiller le maillot cette fois-ci, jusqu’à essorage, pour acter la victoire. Car on ne saurait se consoler de savoir (une fois encore) Kombila Koumb’ et tous les autres avant lui, être « partis » de là où ils étaient, pour rien !

 

Je disais donc que les exemples de fidélité assidue aux deux grands camarades du Parti démocratique gabonais ne manquent pas.

C’est le frère Charles Mba, l’actuel co-ministre délégué des finances de sa majesté, à l’époque jeune et rare cadre gabonais travaillant dans la prestigieuse tour Elf à la Défense à Paris, qui, pour justifier son ralliement au parti de masse, ainsi qu’au « cadeau » qui l’accompagnait, nous avait gratifié de cette désormais remarquable (et incompréhensible) épitaphe, à l’éloge du grand camarade : « Bongo a les qualités de ses défauts ».

Ya yo !

Que n’inventeront donc pas les hommes pour combattre les tumultes causés par leurs propres démons intérieurs !?

 

Voilà l’exemple d’un jeune cadre qui gagnait bien sa vie, à l’abri du bruit, à l’abri des soupçons, « à l’abri du besoin », et à l’abri surtout des patates chaudes que se refilent depuis 40 ans les auteurs d’un pillage inhumain et inimaginable, comme peu de pays sur cette terre ont rarement connu. Qu’est-ce que le frère Mba avait à aller servir un homme que la terre entière qualifie encore jusqu’à ce jour (Cf. Noël Mamère, Eva Joly…) comme un authentique dictateur ; et ce malgré les grandes qualités des défauts qu’il savait si bien faire partager ?

 

Qu’est-ce qui peut justifier un choix pareil dans une tête à priori bien pensante ? Est-ce l’égo, est-ce l’argent, est-ce l’envie d’épater sa femme, sa maîtresse, ses parents, son entourage, ses amis ? Qu’est-ce qui peut ainsi pousser un jeune cadre plein d’un avenir qu’il peut s’inventer lui-même, à aller se mettre au service d’un MAL connu de tous et du monde entier ? Est-ce cette « folie » passagère, ou plutôt cette élan « suicidaire », qui nous donne envie de nous pencher au-dessus d’un « ravin » pour nous apercevoir combien notre chute serait affreuse si on faisait un pas de plus.

 

Et pourtant, des filles et fils de barons et baronnes du régime-PDG, qui ne veulent absolument pas suivre leurs parents dans cet axe du mal, nous en connaissons chacun. Nous connaissons même qui ont créé leur propre mouvement, s’inventant eux-mêmes un avenir personnel plus proche de leurs aspirations, sans avoir besoin de se servir du strapontin de « papa ». Je prendrais pour ça l’exemple de RAM (que certains ont dû entendre parler en informatique), qui, pour mieux faire fonctionner l’ordinateur (afin de le rendre plus efficace et véloce), prend simplement les éléments nécessaires et utiles (texte, audio, vidéo, archives, astuces, etc.) qu’il trouve dans son environnement immédiat (Path, Disque dur, Internet, CD-Rom, USB, etc.), et les mets simplement en mémoire. Ainsi il se défait non seulement de la tutelle de ses sources, mais continue de fonctionner et de rendre le service qu’il doit à l’ensemble du système en toute autonomie. En tant qu’ingénieur informaticien, monsieur le Représentant PDG-Paris pourra mieux que quiconque comprendre la pertinence de cet exemple, « trié sur le volet ».

 

Je dirais donc, pour continuer, que…

Nous connaissons également des conseillers, qui ont « conseillé » le grand camarade de son vivant – sans toutefois parvenir à le persuader de ramener au pays les Biens Mal Acquis –, mais qui ne se sont jamais pervertis jusqu’à servir le parti-état.

 

Nous connaissons également de nombreux cadres gabonais qui se sont mis au service du grand camarade en entrant au gouvernement, et qui en sont sortis totalement déshumanisés, ruinés et vidés complètement de toute leur substance. Les exemples de ce type sont légion :

-       Richard Nguéma, après avoir été plusieurs décennies ministre – et grand intime d’« Albert » –, est décédé sans léguer aucun héritage à sa nombreuse progéniture.

-       Oyono Aba’a, après avoir jeté la hache du Morena pour rentrer au gouvernement, s’en est allé sans avoir pu mettre une seule tôle à la maison qu’il venait de commencer.

-       Mamboundou Mouyama, après avoir « trahi » son frère Mamboundou Mamboundou (Pierre) en phagocytant l’UPG, et quelques jours seulement après son éviction du gouvernement, était aperçu, babouches deux doigts aux pieds, en train de disputer une place dans un taxi bus (à 100 FCFA le trajet – différent du taxi normal) à la gare routière.

-       Pierre-Claver Zeng Ebome, sa guitare désaccordée par les sons mélodieux des sirènes gouvernementales, filoutait, pendant qu’il était pourtant ministre, en se rendant à Paris commander des costumes sur-mesure chez le couturier Smalto, sur l’ardoise (sur-vitaminée au pétrole) du grand camarade ; ce qui eut pour effet de mettre ce dernier, grand sapeur devant l’éternel, dans un courroux tel que Zeng a dû rapporter les costards pour qu’on reprenne à la bonne taille : 1 mètre 39, talon à semelle renforcée compris.

-       Récemment encore, l’ancien ministre délégué aux transports et au tourisme, Alain-Claude Bilie Bi Nzé, a dû faire un petit séjour à « Sans Famille », pour avoir émis un chèque en bois à une femme qui venait de lui vendre (et donner) son véhicule.

-       Et aujourd’hui même, Maître Louis Gaston Mayila, après avoir rendu d’« incalculables » au feu grand camarade et à toute sa famille, vient de se voir fermer, sur injonction de « Libreville », les salles de l’Hôtel parisien où il devait tenir une causerie en faveur de son candidat-frère Mamboundou.

-      

 

On se pose alors la question suivante, messieurs et dames :

Quel charme y a-t-il donc à aller servir un parti et/ou son dirigeant (un Bongo) aussi mal réputés dans le pays et à travers le monde, pour leur gestion égoïste, machiavélique et communautairement suicidaire de la chose publique. Deux entités qui ont plus contribué à créer la malchance autour de leurs collaborateurs (brillants) bien plus qu’autre chose ?

Sachant d’autant plus, comme le disait si bien feu Agondjo Okawé à son frère Ping pour l’en dissuader, que, « Tous ceux qui sont rentrés dans le système pour le changer de l’intérieur, c’est le système qui les a plutôt changé dans leur intérieur. »

 

À moins que leurs pulsions soient plus fortes que leur raison – ce qui est le premier signe clinique d’une schizophrénie falciforme (le Dr Bruno Ella du BDP me corrigera) –, je demanderai à mes braves frères et sœurs, jeunes cadres et fine fleur du Gabon de demain, de réviser l’appel matérialiste que lance à l’endroit de leur égo et de leur épiderme écorchés, les voies doucereuses et dangereusement chancelantes de ces belles « Mami-Wata » des sables mouvant du fleuve PDG.

 

Ne me dites pas demain que je ne vous aurais pas averti aujourd’hui.

 

Petit-Léon MBA-MINKO

Par UNIFANG - Publié dans : INTERNATIONALE - Communauté : Cercle de Réflexion d'UNIFANG
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