A l'occasion de leur 4e Congrès extraordinaire le 2 août dernier à Libreville, l'Alliance démocratique et républicaine (ADERE, majorité) a annoncé qu'elle ne s'alignerait derrière aucun candidat
pour l'élection présidentielle du 30 août prochain. Six des conseils provinciaux de l'alliance ont refusé de supporter le candidat du parti au pouvoir, remettant ainsi en cause l'appartenance du
parti du vice-président de la République à la majorité présidentielle.

Le 4e Congrès extraordinaire de l'Alliance démocratique et républicaine
(ADERE) a opté le 2 août dernier pour la neutralité à l'élection présidentielle du 30 août prochain, à l'issue d'un vote des conseils provinciaux du parti.
Réunis à Libreville pour statuer sur le positionnement du parti à cette consultation électorale cruciale, 6 conseils provinciaux ont préféré «un vote libre», alors que 3 autres avaient apporté
leur soutien au candidat du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), Ali Bongo Ondimba.
Après la décision du 21 juillet dernier de ne pas aligner de candidat à l'élection présidentielle, le positionnement de ce parti, un des piliers de la majorité présidentielle, était une donnée
très attendue sur le champ de bataille électorale.
Face à la configuration actuelle de la bataille électorale, «beaucoup de nos compatriotes indécis et dubitatifs iront au vote par défaut mais non par conviction, dans l'incapacité d'exprimer de
façon utile leur refus de voir notre pays pris en otage, dans l'incapacité de poser un acte utile et valorisant pour notre pays», a estimé le président de l'ADERE, Didjob Divungui di Ndinge,
également vice-président de la République.
A cet effet, la neutralité apparaît comme «la bonne décision dans l'exigence du moment, celle, et la seule, qui nous permet d'aider peut-être à terme, le Gabon, notre pays, à réussir le
rendez-vous de l'histoire», a ajouté monsieur Divungi .
Si l'ADERE a laissé le libre choix à ses militants, elle a souhaité que leur vote puisse «contribuer à une voie non partisane, à aider à la culture et à la consolidation de la paix, au rejet de
toute forme d'exclusion, d'égocentrisme, d'ethnisme, de tribalisme, de xénophobie et d'aider à l'enracinement de la culture de l'amour de la patrie», a poursuivi le président de l'ADERE.
Cette décision remet de facto en question les accords liants l'ADERE à la majorité présidentielle, qui auraient voulu que le parti s'aligne derrière le candidat du parti au pouvoir, en
l'occurrence Ali Bongo Ondimba.
L'ADERE constituait l'un des atouts politiques non négligeable de la machine électorale du parti au pouvoir, le PDG, pour briguer des suffrages sur l'étendue du territoire national. Avec le
désistement de plusieurs barons du parti, qui partent avec leur électorat, cette nouvelle entaille aux «réserves électorales» du PDG pourrait compliquer les plans du parti au pouvoir pour
conserver le fauteuil présidentiel à l'issue du vote du 30 août prochain.