Vendredi 18 septembre 2009
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A l’occasion d’un point presse donné le jeudi 17 septembre, les candidats à l’élection présidentielle du 30 août dernier réunis au sein du "Front du refus du coup de force électoral", ont
interpellé l’opinion nationale et internationale sur le contentieux électoral et le climat politique actuel, marqué, entre autres, par des «atteintes aux libertés publiques», le «bâillonnement de
l’opposition», l’existence anticonstitutionnelle d’un «Président de la République bis». Ci-après, le texte intégral de la déclaration prononcée par Jean Eyéghé Ndong, porte-parole du "Front du
refus du coup de force électoral".
Déclaration du 17 Septembre 2009
Les candidats à l'élection présidentielle du 30 août 2009 et les chefs des partis politiques de l'opposition réunis ce jour portent à la connaissance de l'opinion publique nationale et
internationale ce qui suit:
I - En matière des libertés publiques, nous interpellons Madame le Président de la République sur les privations de liberté, les arrestations arbitraires dans les domiciles ou sur la voie
publique de paisibles citoyens subissant souvent à cette occasion des humiliations et autres vexations. Nous dénonçons aussi les nombreuses bavures des forces de défense et de sécurité à
Port-Gentil, à Libreville et sur la route nationale en tirant à balles réelles avec des armes de guerre. Un officier de police judiciaire, en a subi l'amère expérience en se faisant arroser
copieusement par une patrouille de la Gendarmerie.
Les faits sur les atteintes aux libertés publiques sont d'autant plus nombreux et inquiétants, qu'ils touchent même plusieurs officiers des forces de défense dont un haut responsable du Conseil
National de Sécurité mis récemment aux arrêts pour des raisons non élucidées. Dans ces exemples de dérive dictatoriale intolérable et inacceptable, la liberté de l'information n'est pas épargnée,
et on assiste au verrouillage et à la manipulation de l'information relative aux activités légales et républicaines de l'Opposition.
Nous tenons une fois de plus à mettre en garde le pouvoir sur les nombreuses tentatives de bâillonnement de l'Opposition dont des plans d'élimination physique de certaines personnalités seraient
envisagés. Nous demandons à Madame le Président de la République de prendre ses responsabilités et toutes ses responsabilités conformément à l'article 8 de la Constitution.
C'est ici l'occasion de nous étonner de ce que monsieur Ali Bongo Ondimba n'étant investi d'aucuns pouvoirs de Chef de l'Etat et ne pouvant donc utiliser les attributs de la République se
comporte comme un Président de la République bis. A cet égard, nous relevons pour le regretter, l'accueil digne d'un chef d'Etat en exercice qui lui a été réservé dans certains pays frères de la
République Gabonaise, en ignorant la présence du Président Rose Francine Rogombe à la tête du Gabon dont elle est pour l'heure le seul Chef d'Etat.
Un tel amalgame confine au mépris des institutions de la République et du peuple gabonais. Cet amalgame est d'autant plus scandaleux que déjà une note verbale du ministère des Affaires Etrangères
portant le numéro 00000592 du 14 septembre 2009 annonce l'investiture d'Ali Bongo Ondimba la semaine prochaine, alors que le contentieux prévu par la constitution n'est pas encore entamé.
II - Mesdames messieurs, chers compatriotes, nous avons introduit ce jour des recours en contestation de l'élection de Monsieur Ali Bongo Ondimba conformément aux prescriptions légales. Ces
recours reposent sur le fait que 67% des procès-verbaux des bureaux de vote examinés par nos experts comportent de très graves irrégularités et des cas de fraudes manifestes. Nous attendons donc
à cette occasion que, au nom du peuple gabonais, la Cour Constitutionnelle dise le droit et la vérité sur le résultat de cette élection présidentielle. Elle y joue son crédit et celui des membres
qui la composent.
III - Nous remercions les populations qui ont suivi le mot d'ordre de «villes mortes» que nous avons lancé en mémoire des compatriotes tués à Port-Gentil par les forces de défense et de sécurité.
A cet égard nous vous informons du déclenchement de notre mission d'information, pour Port-Gentil, annoncée précédemment sur ces exactions. La mission est conduite par le professeur Pierre André
Kombila accompagné du professeur John Nambo, de l'honorable Daniel Kombé Lékambo et de l'ancien maire Jean Blaise Moussavou Maganga.
IV - Enfin nous tenons à marquer notre profonde indignation à la suite des graves déclarations du journaliste Francis Sala Ngoua Beaud, sur l'ensemble des médias publics et privés. Nous
condamnons fermement ces déclarations ainsi que la dangereuse manipulation qui vise à compromettre l'excellence des relations du Gabon avec ses voisins.
Pour clore notre propos, nous convions la presse nationale et internationale à l'importante conférence de presse que nous animerons jeudi 24 septembre 2009 à 11 heures ici même au quartier
général de l'UGDD.
Auteur : gaboneco
Par UNIFANG
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Publié dans : Gabon
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