L'opposition gabonaise a de plus en plus recours à Internet pour contester la victoire d'Ali Bongo Ondimba à la présidentielle du 30 août dernier. S'appuyant sur les très célèbres «blogs»,
l'opposition s'active en donnant la parole à des milliers internautes, en publiant des messages ou en postant des vidéos en ligne dans lesquelles des manifestants sont molestés par les forces de
l'ordre.

© ggaboneco-Les sites de Pierre Mamboundou et d'André Mba ont été
tres actifs pendant la campagne
Internet serait-il devenu le support de prédilection pour l'opposition gabonaise qui peine à trouver des espaces d'expression dans les médias locaux? En attendant le verdict de la Cour
Constitutionnelle sur les recours déposés le 19 septembre, par 9 des 18 candidats à l'élection présidentielle, contre la victoire d'Ali Bongo Ondimba au scrutin présidentiel du 30 août,
l’Internet se hisse au rang d’allié principal de l'opposition.
Le candidat Bruno Moubamba utilise abondamment ce médias pour dénoncer les résultats du scrutin qu’il juge « douteux ». Dans ces vidéos disponibles en ligne, il donne la parole à des citoyens
gabonais qui affirment qu’un « pouvoir dictatorial » est en train de s’instaurer dans le pays. Ces internautes dénoncent également les violences dont sont victimes les opposants politiques du
nouveau pouvoir.
Une situation tendue largement commentée sur Twitter. Plusieurs utilisateurs du site expliquent ainsi que le candidat arrivé second lors du scrutin, André Mba Obama, a dû se réfugier dans
l’ambassade du Cameroun pour éviter les représailles du pouvoir. D’autres reviennent sur les émeutes qui ont secoué le pays peu après la proclamation des résultats.
Le site d’opposition «Bongo doit partir» diffuse plusieurs vidéos comme celles dans lesquelles on peut voir des manifestants blessés par les forces gouvernementales. Des vidéos qui illustrent
bien selon les opposants, «les dérives autoritaires du nouveau Président».
Mais déjà bien avant les élections, l'Internet était utilisé comme arme par toutes les forces en présence pour vendre le projet de société de plusieurs candidats. C'est le cas de upg.org de
l'opposant historique Pierre Mambounou, associationali9.com d'Ali Bongo Ondimba ou encore andrembaobame.com de l'ancien ministre de l'Intérieur, André Mba Obame, pour ne citer que ceux-là.
Ces sites ont participé de manière décisive à la promotion de leur candidat, mais se sont également livrés une guerre d'«infos» et d'intox sans merci.
En attendant la décision de la Cour Constitutionnelle, prévue d’ici un mois, les opposants investissent les sites de partage pour poursuivre la contestation des résultats du scrutin présidentiel
du 30 août, faute d'accès aux médias locaux, surtout ceux du secteur public.