Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 22:47

Chers Amis,

Je dois dire que les élections qui viennent de se dérouler au pays du (premier) président Léon MBA, et qui ont vu la LARGE et écrasante victoire de… l’opposition (52,11%), sur le candidat malheureux de la majorité présidentielle Ali Ben Bongo, nous permettent de tirer des leçons mémorables sur notre jeune, vilaine, pulpeuse, défrisée et bedonnante démocratie bananière.

En effet, que ce soit du coté des vivants comme des morts ; que ce soit du coté des perdants, des « gagnants », des non partants ou encore des exclus de cette grande messe électorale gabonaise, ingrats seront ceux qui ne reconnaitront pas que le Gabon, notre pays, vient de donner là, à chacun de ses ancêtres, aïeux, fils, filles, petits et arrières petits enfants, une formidable leçon d’éducation civique, morale et financière ; en un mot, une belle leçon de vie et de trépas, dans cette jungle qu’est la bassecour politicienne équatoriale.

Que voyons-nous ?

Des malheureux ; qu’une énième et naïve tentative vient définitivement de sonner le glas d’une totale et définitive impossibilité de prise de pouvoir ;
Des ruinés ; qu’une grève de la faim précipitée vient de révéler l’étendu du large trou qui éventre désormais le cœur d’une fortune acquise de mains basses, et que l’« ex » n’entend en aucun cas renflouer au nom de la fameuse règle non écrite de remboursement des frais de campagne – la vraie grève de la faim vient de là ;
Des écartés ; qui, définitivement conscients de leur irréversible excommunication d’avec Dieu et d’avec Son vénéré Peuple Gabonais, n’ont d’autres choix que de se mettre eux-mêmes en « réserve » de la République ;
Des exilés ; qui, faute d’avoir, d’aucuns, pu valider leur candidature, et d’autres, confectionner une réelle étoffe nationale à même de galvaniser les troupes – malgré les nombreux sponsors (Félix, Total, Pommery…) – n’ont d’autre choix aujourd’hui que de faire du stop, et trouver une caravane qui les ramènera là d’où ils étaient partis, c'est-à-dire de nulle part.

C’est le comique alsacien (Français) Coluche qui disait, avant sa mort : « je suis parti de rien, mais je ne suis arrivé nulle part ».
Il ne se doutait sans doute pas que beaucoup parmi ces pauvres nègres dont il aimait à décrire l’« odeur » dans ses sketchs pro-racistes, étaient dans la même chimère que lui. « Connais-toi toi-même », disait le philosophe Grec Socrate. Peu en réalité ont fait leur cette lapalissade. Car 2500 ans après sa première prononciation, nos frères et sœurs « politichiens » Gabonais (l’expression n’est pas de moi, mais de feu Albert Bernard Bongo) en sont encore à chercher à comprendre les deux premiers mots !

Parmi les « élus » de la première catégorie, Pierre Mamboundou, qu’on dit désormais sérieusement malade, ne peut plus, que dis-je, ne DOIT et ne DEVRAIT plus, ne fut-ce que par décence, oser demander aux Gabonais d’aller encore aux urnes, en 2016, pour prendre un bulletin à son effigie et le mettre dans l’enveloppe. Il ne devrait même plus, par loyauté envers lui-même et ses collègues politiques qui viennent de lui faire une trois(3)ième fois confiance [sans façon], aller sourire devant l’objectif de l’appareil photo numérique de la CENAP, afin que ce soit son portrait d’embonpoint qui soit imprimé sur le bulletin de vote de l’UPG. Pour quoi faire ? Pour faire quoi qu’on n’a pas pu faire au nom du père (2 fois), du fils (1 fois) et du Saint-Esprit, lui qui est pourtant croyant-pratiquant-militant de l’église pentecôtiste « révélée ». Non Pierrot ! Tu as fait ton temps. Et le « présida » Ali, comme jadis son « regretté » père, et sur les éclairés conseils du Libanais Robert Bourgi, a voulu te le reconnaitre en t’affublant ton mérité titre d’éternel numéro « deux » des élections. « On ne change pas l’équipe qui gagne. Et on ne fâche pas non plus les doyens. Car en Afrique, un doyen, ca compte ! », lui aurait apparemment rappelé ce « très écouté » de la grande chambre élyséenne à ton sujet. Le petit Mba Obame peut encore attendre. Il n’a que la cinquantaine à peine entamée. Son tour de numéro 2 viendra, et ce dès 2016. Et vlan ! Te voila remis à ta bonne place. Nous saluons d’ailleurs le silence que tu as observé juste après et ce jusqu’à ce jour. Façon de dire : c’est tout ce que je voulais. Que vous me restituiez ma place de numéro 2 des présidentielles, avant de m’en aller définitivement !
Tout ceci pour dire donc que l’heure nous semble venue pour toi de laisser la place aux jeunes. Au jeune Moulomba [par exemple], et d’aller tranquillement abattre tes pieds de palmier à Ndendé. Je suis sur qu’avec ton expérience et les doigts habiles et délicats que tu as, tu nous feras du bon vin de palme. La Nation, très portée d’ailleurs vers l’éthylisme, t’en sera largement reconnaissante. Car la victoire, de ce coté là, nous semble toute assurée ! Je crois d’ailleurs que c’est probablement ce qu’a voulu dire ton ex-représentant personnel et porte-parole, le tout nouveau et sémillant ministre des PME-PMI (Jean-Félix Mouloungui, ndlr), lorsqu’il a avoué à sa descente de l’avion qui l’amenait de sa toute dernière réunion du club des SMIGards à Paris, juste avant de récupérer son nouveau passeport diplomatique chez l’autre, je cite : « …l’avenir me donnera raison ». Mais de quel avenir a donc voulu prédire l’ex-porte-parole à son (désormais) ancien (et nouveau) chef (S.A Vin de palme Ndendé) ? Seul l’avenir nous dira.

André Mba Obame, sorti totalement ruiné de la campagne, après avoir dépensé sans compter (ralliements mirobolants de dernière minute compris), n’a d’autre choix aujourd’hui que de se remettre au pain sec. D’où la grève de la faim entamée depuis le 12 octobre. Son ex-compagnon, que l’on dit généreux-mais-très-rancunier, veut le pousser à bout pour qu’il reconnaisse enfin que, dans la course au titre qu’il s’étaient lancés, lui, le fils du roi, doublé d’être un « bilop », un « anongoma » et un authentique héritier des BMA (« Biens Mal Acquis » par papa, ndlr), n’avait d’autre choix, que dis-je, d’autre destinée que de gouverner en succédant à son père. Tu me demandes pourquoi ? Mais pour rassurer tout le monde. Pour protéger l’héritage ; votre héritage ; Leur héritage ; Son héritage… qu’un petit « pangwin » ne pouvait et ne saurait définitivement garantir la pérennité et la continuité. « Les Fangs », disait Savorgnan de Brazza dans ses rapports d’exploration, « sont des êtres instinctivement solidaires et donc… imprévisibles. Nous ne saurions longtemps confier la gestion de nos comptoirs entre les mains d’un des leurs. » Et toc !
Avant de mourir, une jeune femme Blanche, une certaine Mme Marchal, avait écrite de son sang « immaculé » sur le plancher de sa propriété : « Omar m’a tuer ». La faute d’orthographe « immaculée » de ce testament mural et posthume avait suffit pour désigner un coupable : Omar Raddad, un jeune « pied noir » qui était à son service depuis plusieurs années pourtant. L’homonymie d’avec un homme que tu avais aussi servi près de 30 ans durant, suffit-il à nous faire écrire sur ce bout d’écran, à ta place, et au moment où la dernière goutte de ta deuxième perfusion glucosée et odontolisée vient de tomber, que... « Omar t’a tué » ?! Seul l’avenir nous dira.

Les écartés et les exilés recevront leur bilan d’élection à ma touche prochaine sortie…

Petit-Léon MBA-MINKO

Par UNIFANG - Publié dans : Gabon - Communauté : Cercle de Réflexion d'UNIFANG
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