Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 22:13
 
L'intellectuel et militant de la démocratie, Grégory Ngbwa Mintsa a dénoncé, dans un communiqué de presse rendu public le 20 octobre dernier, la privation par les autorités gabonaises de sa liberté de circulation. Ce, par le refus de lui délivrer son passeport biométrique en raison d'une interdiction de sortir du territoire décidée en janvier dernier par l'ancien ministre de l'Intérieur. Privé de salaire depuis 10 mois, l'intellectuel gabonais, qui s'était porté partie civile de la plainte déposée en France contre les «Biens mal acquis», dénonce un État policier et une atteinte aux libertés fondamentales des citoyens.


© D.R. L'intellectuel gabonais et militant de la démocratie, Grégory Ngbwa Mintsa 

Dix mois après son séjour dans les geôles de Libreville pour avoir été accusé de «tentative de déstabilisation de l'Etat», et après la transition politique qui a vu l'installation d'un nouveau président, l'intellectuel gabonais et activiste politique Grégory Ngbwa Mintsa continue de dénoncer un «acharnement» des autorités à son égard. 

Dans un communiqué publié le 20 octobre dernier, il fustige la confiscation de son passeport en raison d'une interdiction de quitter le territoire national datant de l'incarcération des leaders d'ONG en janvier dernier.

Alors que son nouveau passeport biométrique devait lui être délivré le 21 septembre dernier, «après sept rendez-vous sans suite, l’administration, en présence de mon avocat, m’a informé que ce document, pourtant établi, ne pouvait m’être délivré, car le fichier des services de renseignements mentionne mon interdiction de sortir du territoire, sur instruction de l’ancien ministre de l’Intérieur, André Mba Obame», explique-t-il.


A l'époque, le ministre de l’Intérieur avait affirmé que les cinq leaders d'ONG incarcérés, Georges Mpaga, Gaston Asseko, Jean-Bernard Poaty, Marc Ona Essangui et lui-même, étaient au cœur d’un vaste complot visant à déstabiliser le chef de l’Etat, et faisant état de ramifications en
Afrique du Sud et au Canada.

Mais «André Mba Obame n’a jamais apporté le moindre élément pouvant étayer ces accusations qui ne figurent même pas dans le dossier», dénonce Grégory Ngbwa Mintsa, affirmant qu'«aucune preuve n’a donc été transmise ni au Parquet, ni au Secrétaire général de la Sécurité nationale, ni au ministre de la Justice, ni à la Cour de Sûreté de l’Etat, ni au président de la République, ni même à son successeur, au ministère de l’Intérieur».


Alors que «les salaires de l’adjudant Poaty et le mien sont suspendus depuis maintenant dix mois», Ngbwa Mintsa estime qu'«il est inexplicable que le rédacteur de la lettre ouverte [Bruno Ben Moubamba - ndlr] pour laquelle nous sommes poursuivis, est sorti du territoire avant notre incarcération, sans être inquiété. Il est rentré au Gabon au mois de juillet, a fait venir sa lettre ouverte interceptée par les services de renseignements à l’aéroport qui l’ont laissé passer et qui a été distribuée. Il a enregistré sa candidature à l’élection présidentielle qui a été acceptée».

«Enfin, alors que les candidats de l’opposition sont interdits de sortie du territoire suite aux troubles relatifs au contentieux électoral, Bruno Ben Moubamba a regagné la France, sans être inquiété par la police des frontières» , a-t-il encore ajouté.

Ayant décidé de se rendre chez le nouveau ministre de l'Intérieur, Jean François Ndongou, pour s'enquérir de la situation, Grégory Ngbwa Mintsa s'est vu exiger une garantie de ne pas aller «à l’étranger pour parler de "ce qui vient de se passer ici", sous-entendu, le contentieux électoral», rapporte-t-il.

«Le droit au passeport découle de la liberté de circulation de tout citoyen. Sa délivrance ne saurait être subordonnée à un engagement à renoncer à mes libertés d’opinion et d’expression. Elle ne saurait non plus dépendre du bon vouloir subjectif d’un individu», rappelle enfin le militant gabonais de la démocratie.

Grégory Ngbwa Mintsa s'était porté partie civile, le 2 décembre 2007, dans une plainte pour «recel de détournements de fonds publics» déposée devant la justice française par les associations Transparency International et Sherpa contre les Présidents Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo) et Teodoro Obiang Nguema (Guinée Equatoriale). Ce qui lui a valu et lui vaut encore bien de problèmes avec le pouvoir gabonais.

 

Publié le 26-10-2009 Source : gaboneco   
Par UNIFANG - Publié dans : REVUE DE PRESSE - Communauté : Cercle de Réflexion d'UNIFANG
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