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La diplomatie américaine dénonce le déploiement de moyens militaires démesurés contre des infrastructures civiles. Les colonnes de chars syriens ainsi que d’importants dispositifs d’artillerie ont ainsi pu être photographiés par satellite. Des clichés publiés afin de soutenir les négociations occidentales aux Nations unies. Des images qui montrent aussi à quel point Damas dépend de la Russie en matière d’armements.
Le Département d’Etat vient de publier une série de photographies satellitaires de moyens militaires syriens. Ces dispositifs d’artillerie, répartis autour de villes comme Homs, Rancus et Az Zabadani sont à priori utilisés pour faire céder les contestataires. Ils pourraient avoir participé aux bombardements qui ont causé la mort de plus de 6000 personnes, selon les chiffres publiés par l’Observatoire syrien des droits de l’homme basé à Londres.
Les pièces d’artillerie déployées et montrées sur les photographies sont de plusieurs types. Des obusiers sont répartis autour des villes en question. La Syrie dispose de calibres allant de 80 à 180mm. Au moins deux BM-21 Grad, des camions armés de lance-roquettes multiple de 122mm, ont été photographiés près de Homs. Le pays en a acheté 500 à l’Union soviétique. Des canons automoteurs 2S3 Akatsiya sont également visibles. Enfin, sur des images diffusées par l’ambassadeur des Etats-Unis en série, des postes de tir mortiers sont identifiés.
Toute cette artillerie vient soutenir le déploiement de véhicules blindés qui a lancé à plusieurs reprises des raids sur certaines villes comme Homs et Zabadani. La Syrie dispose de près de 5000 chars de conception soviétique et de 3000 blindés de combat d’infanterie de même origine. Damas dispose également, en soutien, d’une armée de l’air alignant entre 400 et 600 appareils selon les sources et une petite centaine d’hélicoptères de combat (dont 36 gazelles françaises).
Les images et les informations diffusées par le Département d’Etat et l’ambassade américaine semblent dénoncer deux choses. D’une part, des armes de guerre de gros calibres sont effectivement utilisées sur des installations civiles, au mépris des vies des habitants. D’autre part, les forces armées syriennes sont totalement dépendantes de la Russie en matière d’approvisionnements militaires. Moscou est le fournisseur d’armes quasi-exclusif de Damas.
Les clichés, pris au cours de la première semaine de février, ont été abondamment commentés par les diplomates américains. Victoria Nuland, la porte parole du Département d’Etat, décrit ainsi des photos « épouvantables qui montrent des colonnes de chars, des incendies, le genre de choses qu’on voit lorsque l’armée conduit une offensive de grande envergure contre la population civile ».
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Photo : Département d’Etat américain