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Une réunion se tient actuellement à l'Elysée, avec pour objet, la perte attendue du AAA de la France. Autour du chef de l'État Nicolas Sarkozy, sont réunis le premier ministre François Fillon, le ministre de l'Économie François Baroin et la ministre du Budget Valérie Pécresse. Ensuite, François Baroin s'exprimera sur ce sujet lors du journal télévisé de 20 heures sur France 2.
Même si l'information n'a pas encore fait l'objet d'un communiqué officiel, Standard and Poor's aurait déjà pris la décision de dégrader la note du pays et de plusieurs autres en zone euro, selon une source gouvernementale française, confirmant la rumeur diffusée cet après-midi par une source européenne. Selon celle-ci, plusieurs pays de la zone euro vont être dégradés de façon imminente par Standard & Poor's. Le 6 décembre dernier, Standard & Poor's avait averti 15 des 17 pays de la zone euro qu'elle envisageait de dégrader leur note. La France était menacée d'être rétrogradée d'un ou deux crans.
L'Allemagne, en revanche, comme les Pays-Bas et le Luxembourg, ont d'ores-et-déjà indiqué être épargnés. «Il y a une très forte probabilité pour que la note française ne soit dégradée que d'un cran, à AA+, affirme Alexandre Baradez, analyste marché chez Saxo Banque. Si c'est le cas, ce serait un moindre mal et le marché pourrait rebondir lundi. Après avoir vendu la rumeur, il achèterait ainsi la nouvelle».
Du côté des marchés financiers, la Bourse de Paris a bien limité la casse en ne perdant «que» 0,11% à 3196,49 points. En revanche, l'euro chutait lourdemment à son plus bas niveau depuis août 2010. La monnaie européenne cotait 1,2654 dollar (-1,25%).
Quatre points d'inquiétudes motivaient alors Standard & Poor's à envisager de revoir sa notation. D'abord, la crise de la zone euro assombrit les perspectives de croissance du pays. Cette crainte s'est matérialisée: l'Insee a annoncé dès le 15 décembre que la France serait touchée par une récession fin 2011-début 2012.
Deuxième inquiétude, la dérive des finances publiques. Malgré l'assurance donnée par le gouvernement qu'il tiendra ses objectifs de déficit, l'agence estimait dans son avertissement de décembre que les mesures de rigueur étaient «insuffisantes (...) si la croissance est inférieure au 1%» prévu par le gouvernement.
Standard & Poor's regardait aussi avec méfiance le secteur bancaire français, craignant que l'État ne doive le renflouer. Même si le ministre de l'Économie François Baroin a toujours rejeté une telle issue.
Le dernier argument de Standard & Poor's concernait l'économie française autant que ces voisins européens: si la Banque centrale européenne ne s'implique pas davantage dans la gestion de la crise, alors «cela pèsera sur la note», avait averti l'agence de notation.
Si Standard & Poor's est la seule agence à ce jour à avoir retiré le AAA à la France, ses deux concurrentes, Moody's et Fitch mènent également une réflexion sur une éventuelle révision de la note qu'elles lui accordent. La première, dès octobre, a dit se donner trois mois pour réviser éventuellement la perspective attachée à la note française. Fitch a pour sa part placé sous surveillance le AAA français le 16 octobre. Il existe donc une chance sur deux pour qu'elle révise la note à la baisse dans les deux ans qui viennent. Mais il y a quelques jours, Fitch s'est montré rassurante: «Sur la base de certaines tendances économiques et monétaires (...) ».
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